Louvre-Lens : fête et émotion pour la première pierre
La mise en scène de la première pierre était renforcée par quelques secondes de silence demandées par le ministre en mémoire des victimes de la catastrophe de Liévin, un coup de grisou qui fit une quarantaine de morts en 1974 dans un carreau voisin. Les veuves, dont beaucoup étaient présentes, incarnent la mémoire de ce site bien vivant. Chevalements et installations n'ont été détruits qu'au début des années 80. "Le site et son histoire sont bien au cœur du projet", affirment les architectes japonais Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa de l'agence Sanaa, venus pour l'occasion. "C'est avant tout un bâtiment dans un parc, qui épousera les formes du site", ajoutent-ils. Son enveloppe de verre, la modestie du gabarit (6,50 mètres de haut), rendra discrets ces cinq bâtiments alignés qui forment l'ensemble du musée de 28.000 m2. Le travail de la paysagiste Catherine Mosbach est ainsi primordial.
Lien avec la population
Des poteaux blancs au gabarit ont été plantés sur le site de 20 hectares, permettant aux habitants de comprendre son organisation. Une maison du projet, ouverte le matin de cette première pierre, doit également renforcer ce lien avec la population. C'est que les Lensois commençaient à s'impatienter. Depuis l'annonce du choix du site par Jean-Pierre Raffarin en novembre 2004, cinq années ont été nécessaires pour arriver au lancement des travaux. Le conseil régional et son président Daniel Percheron ont d'abord dû choisir un architecte. Séduits par l'équipe japonaise en 2005, les élus recalent le Lillois Jérôme de Alzua et les agences prestigieuses de Lacaton-Vassal, Rudy Ricciotti, Zaha Hadid et Steven Holl.
Détail du projet
Le service "grands projets" du conseil régional, dirigé par Régis Cailleau (parti depuis en retraite) puis Didier Personne, entre ensuite dans le détail du projet Sanaa, avec son immense enveloppe vitrée que personne ne sait construire et qui gonfle la facture. Un premier appel d'offres infructueux en 2007-2008 et une enveloppe révisée à la hausse à 150 millions d'euros démontrent la complexité du projet. De nombreux allers-retours ont été nécessaires. Et Kazuyo Sejima de se souvenir des difficultés à imposer le "sens japonais du détail". Le maître d'œuvre va maintenant s'atteler à la conduite d'un chantier en lots séparés. Il sera fortement aidé par Adevia, la SEM des grands projets du Pas-de-Calais, en charge de la maîtrise d'ouvrage déléguée.
Répartition des lots
C'est Guintoli (terrassements) qui prendra en premier les clés du site. Suivi d'Eiffage (gros œuvre) et de l'Italien Permasteelisa, qui a remporté le plus gros lot, comprenant l'enveloppe, la charpente et la façade. Les autres titulaires étant : Grepi (chapes), Sterec (couverture), SDI (cloisons), Sapiso (faux-plafonds), Cabre (peinture), CRI (revêtements), Bonnardel (menuiseries), Loison (métallerie), Thyssenkrupp (ascenseurs), Crystal et Delannoy-Dewailly (CVC et fluides) et Satelec (courants forts et faibles). La consultation pour le lot de paysage n'est pas achevée. Ils ont deux ans pour livrer le bâtiment, le Louvre prévoyant une année de muséographie. L'ouverture au public est donc prévue pour fin 2012.
Maxime Bitter du bureau de Lille du Moniteur | Source LE MONITEUR.FR
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